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Je m'étais assise dans l'espace réservé aux femmes enceintes et aux vieillards. D'instinct. Il est vrai que mon ventre s'était plutôt arrondi. La vie ne poindrait pas pour autant, ce serait même radicalement le contraire. J'avais posé une main bienveillante sur mon estomac, une main rassurante et un petit sourire doux. On m'observait du coin de l'oeil, ou les jeunes filles désireuses de se laisser aller aux joies de la maternité, ou les vieilles ménauposées jalouses de mon sort. Je les laissais espérer. J'y allais plutôt fort : j'avais embarqué également un kilo de fraises du marché, espérant consolider mon statut de femme gourmande et comblée. J'entendais nettement le cliquetis, moi, de ma hauteur. Un vieux monsieur chauve et fripé, la tête légèrement penché vers l'avant, le corps engourdi par l'âge et la respiration haletante ne se préoccupait guère de ma présence sur le siège d'à côté. Il y avait même un enfant noyé dans la masse, dissimulé sous un pan du manteau de sa mère, qui elle, tout sourire faisait du gringue à un grand blond arborant un étrange piercing sur la peau du cou. A chaque station, on montait et descendait. Je savais qu'il ne restait pas beaucoup de temps. J'avais aproximativement calculé l'impact dans le trajet. Le petit garçon dans la jupe de sa mère me regardait fixement comme s'il savait. C'était réellement impossible, mais les enfants font parfois preuve d'un sixième sens qu'eux-mêmes ne saisissent pas. Le vieillard s'était endormi et ronflait à présent. On arrivait. L'alarme et la fermeture des portes provoquèrent une ruée magistrale sur le wagon. Une femme incroyablement stressée pesta quand elle se retrouva de l'autre côté de la vitre et que l'engin démarrait. "Une de moins" je me dis.
Quand l'explosion eut lieu, on passa du silence de mort aux cris de mourants. Le petit garçon ne pleurait pas, étrangement, devant le corps inanimé de sa maman. Le vieillard n'avait même pas eu le temps de se réveiller complètement avant de sombrer. Et moi j'apercevais les cadavres déchiquettés d'hommes et de femmes, d'innocents, mais déjà tellement coupables de ne rien respecter. Je m'élevais au-dessus de la scène, accompagnée des dizaines d'inconnus à qui je venais d'ôter la vie et qui ne pouvaient y croire.
# Posté le lundi 26 juin 2006 17:45
Modifié le lundi 26 juin 2006 18:02

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J'ai fait un petit tour du monde aujourd'hui. Sans bouger de devant mon écran, dommage. Ces petits week-end à l'aventure me font sentir le goût salé du dépaysement... Envie de voyages...
"Un oeil sur la planète", un de nos (peu de) programmes intelligents, qui pioche un pays au hasard et le décortique minutieusement. Ses bons points, les mauvais, les avancées technologiques, les échanges internationaux, la démographie, le modèle politique,...
Afrique, Allemagne, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine ou Canada, regarder autour de soi est devenu un jeu d'enfant. Ceux qui prétendent le contraire font preuve de mauvaise volonté. S'ouvrir au Monde devient indispensable, au seuil du débat sur l'immigration, où l'on se questionne : accueillir ou combattre ? Un compromis ? Notre salut est pourtant dans le métissage. Toutes races et cultures confondues, dans quelques siècles, les origines ethniques n'auraient sûrement plus aucune importance. Déjà un problème de réglé. Restent les religions, fardeau depuis la création. Les différences nous amène à regarder notre voisin comme s'il s'agissait d'un extra-terrestre. On aurait bien trop à apprendre d'autrui, me dis-je, et l'on préfère jouer au sourd que de se laisser submerger par tant d'inconnu.

J'ai pris pas mal de temps à visionner toutes les émissions d'"Un oeil sur la planète". On y mentionnait souvent la France, évidemment. Son activité commerciale dans le pays dont il était question, la place qu'elle occupait auparavant sur le marché mondial et le net recul qu'elle a subit ses dernières années. Tant au niveau financier que des mentalités de nos voisins étrangers... Il est clair que nous traversons une mauvaise passe. Le moral est au plus bas dans beaucoup de corps de métiers. Et l'Europe stagnante depuis le Réferendum contribue à notre défaillance. J'espère simplement que la "populace" ne se tournera pas vers N.S. ou Le Pen de désespoir. Je ne préconise pas pour autant Ségolène qui m'a l'air pleine de bonne volonté, mais, la pauvre, elle ne sait pas encore trop bien où elle en est. Comme titrait le "Charlie Hebdo" de la semaine, à côté d'une belle caricature de Notre Dame PS, "Lui confieriez-vous la bombe ?" .Bref, notre "gène" révolutionnaire a été nettement sollicité ces derniers temps, mais il serait bon, le retour au calme et à la prospérité (toute relative).
# Posté le mercredi 14 juin 2006 18:30
Modifié le mercredi 14 juin 2006 19:10

Pour résumer...

Pour résumer...
Hier c'était l'Apocalypse...


Je rentre tout droit d'un petit bord de fleuve agréable, au gré des étoiles et du son d'un djembé. Je passe par la route habituelle : un peu de péripatéticiennes, un peu de types beurrés qui traînent au clair de lune, des fêtards qui s'attardent, et moi. Moi en pleine réflexion, parano, délires, invocations, et autres procédés discutables. Il n'est pas une minute où je ne pense pas à tout.Tout. Les moindres recoins de ma petite existence insipide. Je m'humilie, je m'efface, je me repends. J'évite les ruelles sombres de mon subconscient, mais je devrais les arpenter, les visiter de fond en comble. Je devrais... Pas de courage, de volonté, d'intérêt ?
Je marche, robotisée par cette route qui m'est bien familière maintenant. Je me remets à ma place seule. Besoin de personne pour m'empêcher de rêver, je suis ma propre censure. Garder des illusions, ou conserver une simple envie qui me fera décoller. J'essaie. J'y arrive. Le soir venu les idées m'assaillent. Productives ou non, elles sont là.
Rien n'est noir dans ce que je peux écrire. Je fais la synthèse de sentiments que tous, nous avons, un moment ou l'autre au fil du temps. Peut-être que j'abandonne trop vite. Il serait bon que je reprenne un peu de courage et de détermination. J'essaie. J'y arrive.
La méthode Coué. Rien à jeter.

A tous ceux qui s'laissent écraser par le poids du monde...
A toi qui me manque, à toi encore qui est loin, à vous tous que j'aime.
# Posté le mardi 06 juin 2006 20:05

Un concert révélateur

Un concert révélateur
Un p'tit résumé de ma soirée de la veille si vous le voulez bien (sinon... j'peux rien faire pour vous, vous devez subir, ou abandonner :D).

Une soirée dans les entrailles du métal : Soulfly et Korn réunis sur une même scène, Zénith de Toulouse. Accompagnée de Max, je suis entrée dans ce que l'on pourrait appeler "l'Arène" : des centaines de personnes, arborant fièrement des tee-shirts à l'éfigie de leur groupe favori, venues là pour pogoter. J'étais sceptique, je dois l'avouer. Aucune envie de me faire piétiner, ni même que cette "musique violente" atteigne mes oreilles. J'étais là un peu par hasard : il se trouve que mon frère et moi n'avons pas hérités du même germe musical à la naissance :D ; et donc, le cadeau du siècle, pour les quinze ans d'un p'tit frère, c'est un concert, nan ? (merci Alix ;)) Une légère concession à faire, mais, enfin, qu'y a-t-il de mieux que de découvrir de près ce que l'on renie de très loin depuis si longtemps sans vraiment savoir pourquoi ?
Alors donc, me voilà sagement assise sur un siège Zénithien quand le concert commence. Soufly tout d'abord. Je suis surprise que les premières notes ne provoquent aucune réaction chimique désagréable dans mon petit cerveau... Ca passe... J'écoute, j'admire les talents musicaux des artistes et au fur et à mesure, la bouillie informe qui m'horripile d'habitude se transforme en une vraie musique. Je suis fascinée par tant de présence et de passion sur scène... (useraient-ils de "vitamines" en tous genres ? :p) J'apprécie ensuite le style incomparable de Korn, le pied du micro "en forme de femme" comme dirait Max, jusqu'aux masques d'animaux arborés par les musiciens. Mais du vrai spectacle. Les basses qui s'installent dans votre cage thoracique à la faire trembler, une explosion de son dans le corps entier, les vibrations des pieds à la tête, de bonnes vibrations :)
J'avoue que je n'aurai pas imaginé ressortir de là avec des paroles élogieuses à la bouche, et pourtant ...! De bonnes mises en scène, mises en lumières, des "hurleurs" assez captivants, j'ai été scotchée et pour 35 E 5O, je ne regrette rien !
Cependant, je reconnais qu'à peine arrivée dans ma p'tite piaule, devant mon frère qui tombait, un "épuisé du pogo" parmi tant d'autres, je n'ai pu m'empêcher de me remettre un p'tit coup d'Anis, pour finir la soirée dans le calme.
Un concert qui m'a sorti de mon ordinaire reggae et qui a peut-être, qui sait, expulsé un peu de la violence qui m'habite !
Très heureuse de l'avoir passée en compagnie de mon p'tit frère ;)
# Posté le mercredi 31 mai 2006 20:10
Modifié le mercredi 31 mai 2006 20:42

Affaire Clearstream

Affaire Clearstream
On est là, nous, sans pouvoir rien y faire, à regarder le gouvernement s'entre-déchirer, brasser des milliards d'euros. Donner l'exemple, être un modèle pour les enfants, pour les contribuables,non. Eux poussent le vice jusqu'à cacher des sommes hallucinantes sur des comptes au Japon (:D) (on ne cite pas de noms, le premier malfrat de France se reconnaît sûrement), ou créer des grosses magouilles pour accéder au trône présidentiel. Je suis totalement dépassée par tout ça. Je sais pertinnement que ce n'est pas le premier scandale, qu'il y en a eu, qu'il y en aura encore... Cependant, il me paraît dingue qu'un pays et ses habitants puissent être bien dans leurs peaux, dans leurs emplois, dans leurs vies quand on leur ment chaque jour d'une façon éhontée. Quand on leur assure qu'on les écoute et qu'on les comprend, puis que les ennuis des français passent à la trappe devant les conflits d'influences de ces messieurs. Quand eux n'ont pas de questions à se poser, ils auront bien de quoi se nourrir le soir, ils auront sûrement un grand hôtel neuf étoiles ou leurs appartements de **** m² pour les accueillir quand ils rentreront du boulot. Ils auront de quoi envoyer leurs enfants dans les écoles les plus chères pour recréer une génération, encore une, qui ne pourra pas se mettre à la place des pauvres, ceux qui dorment dehors, qui galèrent pour manger, pour habiller leurs enfants.
Dans ce monde inégalitaire, les dirigeants devraient être là pour régler nos problèmes, du moins pour mettre quelques idées en pratique que nous pourrions concrétiser, pas pour se battre comme chiens et chats de manière à attraper le plus d'euros ou le plus de pouvoir possible.
Allez leur faire entendre ça, à eux qui ne veulent qu'une seule chose : se poser en victime et comme cela se faire élire...

Elle est belle la France.
# Posté le lundi 15 mai 2006 10:15
Modifié le lundi 22 mai 2006 08:11