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Tout ça m'exaspère. J'attrapais mon sac à dos histoire de repartir comme j'étais venue, avec ma gueule bouffie et mon air de vieille folle revêche. Il ne fit même pas un geste pour me retenir : j'avais bien compris qu'il voulait que je lui fiche la paix.
C'est vrai que j'étais souvent derrière ses moindres gestes à ce moment là. J'épiais un peu tout ce qui venait de lui ainsi que tout ce qui pouvait lui être remis, un mail, une toute petite augmentation ("t'as couché avec ta chef pour qu'elle te file 50 euros de plus ?"), même la tarte aux pommes confectionnée par la voisine veuve cinquantenaire me paraissait suspecte.
Toujours est-il que cette fois-ci, il semblait vraiment en colère. C'est vrai que je n'avais pas été très sage. J'avais disparu pendant des semaines entières auparavant, traînant un peu dans tous les caniveaux ma tristesse et ma douleur. J'étais souvent ivre et les flics m'avaient beaucoup ramenée chez papa ces temps-ci, plus par pitié que par devoir. Ils mataient sous ma jupe alors que je dégueulais mes tripes imbibées d'alcool sur le siège arrière.Je leur racontais dans mon ébriété, maman, son suicide, les cris, le sang, gigotant comme une poule en détresse, mélangeant vomi et larmes sur le cuir beigeasse.
Papa m'attendais souvent dans la cuisine, un verre d'eau à la main : il me parlait, désirant suciter chez moi un quelconque déclic qui pourrait m'amener à redescendre sur terre. Je lisais l'angoisse et l'immense chagrin dans ses yeux, mais j'étais incapable de réagir autrement à la disparition de ma mère. Je m'étais construit un mur définitif, la dure réalité ne devait plus jamais m'atteindre, par quelque détour que ce soit. Papa attendait des explications, des confidences, peut-être du soutien, je lui servais des reproches amers et injustifiés, lui inventant des aventures et des maîtresses à tous les coins de rue.
Je m'excitais, cachais ma misère dans l'alcool, les fêtes et l'oubli de moi-même.
Quand je me fus enfuie encore une fois, sans qu'il eut rien fait pour m'en empêcher, je me retrouvais dans la rue, ruminant ma colère.J'étais devenue complètement cinglée.
La solution s'imposa alors d'elle-même.

# Posted on Sunday, 26 February 2006 at 5:51 PM

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Je me posais cette question en prenant ma douche ce matin : quand ai-je vraiment pris conscience du temps ? Le temps dans toute sa démesure, le temps qui file sans cesse, laissant derrière lui instants mémorables et "journées de merde".
Je me dis que j'attendais si peu des jours qui passent, chaque fois obnubilée par le lendemain, les choses à venir, les évènements notoires prévus...
J'en ai fixé des souvenirs, oh la oui... Pourtant si peu dans l'immensité d'une existence. J'en ai plein la tête de ces jours de pluie au Conti, de ces nuits délirantes à l'internat. Ce qui me dérange n'est pas tellement que cela se soit déroulé, mais plutôt que ce temps soit révolu et que jamais je ne puisse me retrouver dans le contexte analogue un jour.
On croit (on veut) tout contrôler, mais on a aucune prise sur le principal.

Je ne regrette rien, je ne me morfonds pas, je ne suis pas une éternelle mélancolique, je remarque seulement que le temps nous glisse entre les mains chaque fois qu'on voudrait l'arrêter. On se heurte toujours au mur du temps.

Tout ça pour dire que Greg est vieux ;) Il fête demain ses 22 ans. Bon anniversaire mon grand :)

# Posted on Friday, 24 February 2006 at 1:11 PM

Edited on Friday, 22 June 2007 at 5:21 AM

CPE/CNE === "contrats sociaux !"

CPE/CNE === "contrats sociaux !"
Rupture du CNE : une condamnation

NOUVELOBS.COM | 22.02.06 |

Pour la 1ère fois depuis la mise en place du CNE, une entreprise a été condamnée pour licenciement abusif, à Longjumeau, révèle Le Parisien.

A près 6 mois d'existence du CNE, les premières plaintes pour licenciement abusif sont arrivées devant les tribunaux des prud'hommes. Le Parisien révèle dans son édition du mercredi 22 février que, pour la première fois, une PME a été condamnée pour "rupture de période d'essai abusive" et "rupture de période de consolidation".
Un homme de 51 ans qui s'était vu proposer un CNE en août 2005, a été licencié, un mois plus tard, "sans aucun motif", rapporte Le Parisien. Le contrat nouvelle embauche permet, au cours des deux premières années, à l'employeur de licencier son salarié sans justifier sa décision. Au delà, il devient un contrat à durée indéterminée (CDI) normal. Après une procédure entamée en octobre 2005 devant le conseil des prud'hommes de Longjumeau, la justice vient de donner raison à l'ex-salarié au motif que "d'après le rapport présenté au président de la République (...), le CNE est destiné comme son nom l'indique, à favoriser de nouvelles embauches et ne peut être utilisé dans le seul but de précariser la situation d'un salarié et d'éluder le droit du licenciement". Selon Le Parisien, l'entreprise devra lui verser 17500 euros de dommages et intérêts.




Succession de contentieux

Depuis la mise en place du contrat nouvelle embauche, les contentieux entre salariés et entrepreneurs se succèdent, selon les syndicats. Ici, c'est un employé remercié pour dix minutes de retard, là une jeune femme licenciée quelques jours après avoir annoncé sa grossesse. Très souvent, les salariés sont renvoyés après avoir réclamé le paiement d'heures supplémentaires. "Le gros des ruptures devrait intervenir entre le 15e et le 20e mois", lorsque certains patrons vont vouloir se séparer de leurs employés juste avant que le CNE ne bascule en CDI, prévient le responsable du service juridique de la CFDT, Didier Cochuat, qui s'attend à une "multiplication du contentieux".


Magnifiques "contrats sociaux", qui défendent bien les plus riches, encore...
Quel intérêt d'attendre deux ans ? Doit-on prendre à l'essai un employé pendant deux ans avant de savoir s'il fait correctement ou non son travail ?
Même avec toute la bonne volonté du monde, je ne saisis pas les avantages que l'on octroie à ces contrats qui passent en force. Alors le licenciement abusif est légalisé ?

Autant légaliser la ganja dans ce cas là
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# Posted on Wednesday, 22 February 2006 at 9:45 AM

Condensé de pensées inutiles

Condensé de pensées inutiles

00:28, pas de sommeil en vue et une certaine tendance à la pensée... inutile !


"Qui aurait pu imaginer il y a seulement dix années que le métro de New York deviendrait l'un des plus sûrs au monde? Les critiques du système américain dénoncent la surpopulation carcérale. Je n'ai jamais compris la pertinence de cet argument car, après tout, il vaut mieux voir les délinquants en prison que dans la rue!" Nicolas Sarkozy, Libre
No comment

"La politique fut d'abord l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde.
A une époque suivante, on y adjoignit l'art de contraindre les gens à décider sur ce qu'ils n'entendent pas.
Ce deuxième principe se combine avec le premier." Paul Valéry


"L'important ce n'est pas d'ajouter des années à sa vie, mais plutôt de la vie à ses années."
Espoir de jeunesse éternelle, quand tu nous tiens... Cette impression de puissance et d'immortalité... Jeunesse qui délivre des maux de la vie et dont on ne profitera jamais assez...


"J'ai décidé de ne plus faire le ménage dans ma vie, car je veux trouver la poussière d'amour qui fera éternuer mon coeur de joie!"
J'ai décidé de laisser le Destin me porter, j'ai décidé de vivre ma vie dans les immondices qu'elle porte, j'ai décidé d'incruster mon âme des perles dont l'existence nous inonde.

"On avance dans la vie, un pas à la fois."
Avec prudence, précipitament, en hésitant... Mais l'important c'est d'avancer...


Un p'tit clin d'oeil au jeune Noah, né ce 13 février 2006

# Posted on Thursday, 16 February 2006 at 3:34 AM

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Ce soir j'ai croisé un mec dans la rue. Un de ceux que l'on appelle communément "zonards". Blond, de grands yeux bleus, un regard vide déchiré par l'alcool ou la drogue, une allure pas très assurée et l'air émerveillé.

"Mon chien, je cherche mon chien."

On a marché, discuté un peu, j'ai écouté ses phrases enjouées pas toujours bien construites, j'ai décelé une profonde solitude et un besoin d'amour plus que certain. Dans ses quelques mots, j'ai lu toute la détresse d'un jeune homme déphasé.

Il aurait sans doute provoqué le dégoût et la peur chez beaucoup d'êtres humains. Il me l'a dit :
"Tu m'as pas encore envoyé chier, c'est rare, des fois, toute la journée ils passent et ils me r'gardent de haut."

J'ai pris conscience d'une part de ma chance innée dans cette vie, mais ça, je m'en rends compte chaque jour.

Je l'ai laissé devant la bouche de métro, pendant qu'il me fixait rendez-vous le lendemain, suppliant presque.

J'ai pourtant pris peur, angoissée par l'idée de cette vie de squatts en squatts, de ce milieu pauvre, destructuré... La misère fait peur, c'est un fait.

On le constate mais on la veut loin de soi...

# Posted on Sunday, 12 February 2006 at 6:19 PM